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OlivierWeb|>Agro|>Sorgho

Le Sorgho

graines de sorgho http://www.brg.prd.fr/brg/pages/rgvPi_sorgho

Le Sorgho est une grande graminée, à inflorescence en panicule plus ou moins lâche . Les graines sont petites, très dures, rougeâtres et réunies en grappes érigées. Le Sorgho fourrager (S. vulgare, S. bicolor (L.)) est vivace. Le semis a lieu au printemps. Il existe plusieurs espèces de Sorgho-grain, dont les grains sont utilisés en alimentation humaine et animale. Espèces annuelles, de plus petite taille que le Sorgho fourrager (110-120 cm), la panicule est plus compacte. Il est semé au printemps et la récolte se fait lorsque le grain est encore humide ; il doit rapidement être séché.

I. Les sorghos cultivés

La plupart des sorghos cultivés appartiennent à l'espèce Sorghum bicolor, plante herbacée annuelle de la famille des poacées. Son génome est diploïde avec pour nombre de base n = x = 10. On peut mentionner deux autres espèces de sorgho, tétraploïdes, dont certaines formes sont exploitées comme sorghos fourragers, S. halepense (Johnson grass) et S. almum (Columbus grass).

I.1. La classification

Les variétés cultivées de S. bicolor présentent une grande diversité morphologique. Une classification simplifiée en a été établie par Harlan et de Wet (1972). Elle définit cinq races principales, d'après les caractéristiques de la panicule et de l'épillet (figures 1 et 2).

Les bicolor sont les sorghos aux caractères les plus primitifs. On les trouve en Asie, mais aussi dans toute l'Afrique. Leur panicule est lâche et leur grain, petit, est enveloppé par des glumes adhérentes.

Les guinea sont les sorghos typiques de l'Afrique de l'Ouest, mais on les trouve aussi en Afrique australe. Ils sont généralement grands et photosensibles avec une panicule lâche. Leur grain est elliptique, bien exposé par le bâillement des glumes. Cette race est particulièrement diversifiée. On y distingue plusieurs types, dont le type margaritiferum, caractérisé par des grains petits et vitreux.

Les durra se rencontrent essentiellement en Afrique de l'Est, au Moyen-Orient et en Inde. Ils ont une panicule compacte et des grains globuleux souvent portés par un pédoncule crossé.

Les kafir sont répandus en Afrique australe. Ce sont des sorghos de petite taille et leur panicule est compacte et cylindrique.

Les caudatum sont surtout cultivés en Afrique du Centre et de l'Est. Leur panicule a une forme variable. Leur grain est dissymétrique, aplati sur la face ventrale et bombé sur la face dorsale. Ils sont, avec les kafir, à l'origine des sorghos-grain cultivés en région tempérée.

Dans les autres langues : En: Sorghum ; De: Sorghum-Hirse ; Es: Sorgo ; It: Sorgo ; Pt: Sorgo.

I.2. Le mode de reproduction

S. bicolor est une espèce monoïque considérée comme autogame. Son taux d'allogamie est faible, de l'ordre de 6 % (Doggett, 1988). Il varie cependant largement selon la variété considérée : nul pour les variétés totalement cléistogames dont les fleurs ne s'ouvrent pas au moment de la fécondation , il peut atteindre 30 % pour certains sorghos fourragers ou de race guinea (Chantereau et Kondombo, 1994).

I.3. L'organisation génétique

Trois types d'étude ont permis de préciser l'organisation génétique des sorghos cultivés (Deu et Hamon, 1994).

L'étude quantitative des caractères morphologiques et physiologiques, effectuée sur 135 variétés cultivées (Chantereau et al., 1989), permet de distinguer trois groupes : les durra, sorghos rustiques adaptés aux zones sèches ; les guinea et les bicolor, sorghos rustiques adaptés aux zones humides ; les caudatum et les kafir, sorghos à haut rendement cultivés dans des zones intermédiaires entre les deux précédentes. Cette organisation, bien que moins discriminante, concorde avec la classification raciale.

L'analyse du polymorphisme enzymatique a été réalisée sur 348 cultivars traditionnels africains et asiatiques (Ollitrault et al., 1989). Elle révèle un continuum de variation organisé autour de trois pôles géographiques : les guinea d'Afrique de l'Ouest ; les guinea, les kafir, les hybrides durra-caudatum et les bicolor d'Afrique australe ; les durra et les caudatum d'Afrique de l'Est et du Centre. Elle a été complétée par l'analyse approfondie de la diversité enzymatique des guinea (Dégremont, 1992), qui se subdivisent en trois groupes : les guinea d'Afrique de l'Ouest, les guinea d'Afrique australe et les guinea margaritiferum. Cette diversité enzymatique s'organise sans liaison directe avec la classification raciale, mais en relation étroite avec l'origine géographique des cultivars. Elle est plus importante pour les sorghos africains, dont la variabilité englobe celle des sorghos asiatiques. Au sein de ces sorghos africains, les bicolor, qui présentent les caractères les moins évolués, possèdent la plus forte variabilité. De plus, l'analyse de la variabilité enzymatique de sorghos sauvages et cultivés révèle une relative homogénéité de ces derniers par rapport à l'ensemble des sorghos (Ollitrault, 1987).

L'analyse directe du génome nucléaire de 94 variétés à l'aide des RFLP (Deu et al., 1994) met en évidence un fort polymorphisme, déjà observé par Aldrich et Doebley (1992), et une structuration raciale de cette diversité. A l'exception des bicolor, très variables qui ne constituent pas un groupe spécifique mais dont les représentants se répartissent dans tous les groupes , les sorghos se scindent en six groupes : les trois groupes formés par les trois subdivisions des guinea, déjà mises en évidence par l'analyse enzymatique, et les trois groupes correspondant à la classification raciale des caudatum, des kafir et des durra. Les kafir sont peu variables. Les guinea margaritiferum apparaissent comme les plus singuliers des sorghos cultivés. Cette constatation est renforcée par l'analyse par RFLP des génomes chloroplastique et mitochondrial de ces mêmes variétés ainsi que d'autres sorghos guinea margaritiferum. Les guinea margaritiferum possèdent un génome mitochondrial différent de ceux des autres sorghos cultivés et des sorghos sauvages (Deu, 1993 ; Deu et al., 1995).

L'ensemble de ces données permet de tracer les grandes lignes de l'organisation génétique des sorghos cultivés. Ceux-ci ont une origine africaine et monophylétique. Leur diversification en races a eu lieu indépendamment dans trois régions d'Afrique à partir d'une forme primitive de type bicolor.

Variétés disponibles en France de Sorgho Grain

http://www.epinet.fr/semences/semsorghog.htm
Variétés Sélectionneur Précocité Année Région de culture Rendement - remarques
ARALBA Sem. de Provence T 1993 SE - SO 350 000 gr/ha en sec - 400-450 000 gr/ha en irrigué
ARBEL Sem. de Provence TP 1991 PCV - SO - SE 300 à 350 000 gr/ha en sec - 400 à 450 000 gr/ha en irrigué
ARFLOR Sem. de Provence 1/2 P 1996 SO - SE - Vallée du Rhône 250 à 300 000 gr/ha en sec - 350 000 gr/ha en irrigué
ARGENCE Sem. de Provence P 1996 SO - SE - Vallée du Rhône 300 000 gr/ha en sec - 350 000 gr/ha en irrigué
ARENA Sem. de Provence 1/2 P 1997 SO - SE - vallée du Rhône 300 à 350 000 gr/ha en sec - 400 000 en irrigué
ARMOY Sem. de Provence P 1997 SO - SE - Vallée du Rhöne 350 000 gr/ha en sec - 400 à 450 000 gr/ha en irrigué
ARPRIM Sem. de Provence TP 1996 PCV - SO - SE 250 000 gr/ha en sec - 300 000 gr/ha en irrigué - 1er au 15 mai
BIANCO Rustica prograin Gen. 1/2 T 1993 SE - SO Cond. très séchantes 350 000 gr/ha - Bonnes conditions : 450 000 gr/ha - Irrigué : 550 000 gr/ha
DK 12 R.A.G.T. TP 1995 PCV - C - CE Cond. très séchantes 250 000 gr/ha - Bonnes conditions : 375 000 gr/ha - Irrigué : 500 000 gr/ha
DK 18 R.A.G.T. P 1996 SO - SE - PCV Cond. très séchantes 250 000 gr/ha - Bonnes conditions : 300 000 gr/ha - Irrigué : 400 000 gr/ha
DK 26 R.A.G.T. 1/2 P 1992 SO - SE Cond. très séchantes 200 000 gr/ha - Bonnes conditions : 250 000 gr/ha - Irrigué : 375 000 gr/ha
DK 34 R.A.G.T. T 1989 SO - SE Cond. très séchantes 200 000 gr/ha - Bonnes conditions : 250 000 gr/ha - Irrigué : 375 000 gr/ha
DK 38 R.A.G.T. P 1995 SO - SE Cond. très séchantes 350 000 gr/ha - Bonnes conditions : 430 000 gr/ha - Irrigué : 470 000 gr/ha
DROP NK Seeds T P 1997 PCV - C - CE - (SO) Cond. très séchantes 350 000 gr/ha - Bonnes conditions : 450 000 gr/ha - Irrigué : 550 000 gr/ha
ESQUIROL R.A.G.T. TP 1995 PCV - C - CE Cond. très séchantes 250 000 gr/ha - Bonnes conditions : 300 000 gr/ha - Irrigué : 350 000 gr/ha
FLORIDUS NK Seeds 1/2 P 1993 SO - SE Cond. très séchantes 300 000 gr/ha - Bonnes conditions : 350 000 gr/ha - Irrigué : 400 000 gr/ha
PLEXUS NK Seeds 1/2 P 1997 SO - SE Cond. séches : 250 à 300 000 gr/ha - 350 000 gr/ha en irrigué
QUEYRAS Rustica Prograin Gén. P 1997 SO - SE - PCV cond très séchantes 250 000 gr/ha - Bonnes cond 300 000 gr/ha - irrigué 350 000 gr/ha
ROSUS NK Seeds P 1993 SO - SE - PCV 350 à 400 000 gr/ha : en sec - 400 à 450 000 gr/ha en irrigué - 5 au 25 mai
TAXUS Hilleshög NK P 1991    
VACARÈS Rustica Prograin Gén. TP 1996 SE - SO - CO 280 000 gr/ha : en sec - 320 000 gr/ha en irrigué - 1er au 20 mai
VERDON Rustica Prograin Gén. 1/2 P 1996 SO - SE 250 à 275 000 g/ha à sec - 300 à 325 000 g/ha en irrigué
VIRTUS Hilleshög NK P 1994    

II. Le genre Sorghum et les sorghos sauvages

On reconnaît, au sein du genre Sorghum, quatre espèces (figure 2). Elles ont pour nombre chromosomique de base 10. Deux d'entre elles sont diploïdes : S. bicolor, sorghos annuels d'origine africaine qui comprennent l'essentiel des sorghos cultivés, et S. propinquum, sorghos sauvages pérennes et rhizomateux originaires d'Asie du Sud-Est se croisant sans difficulté avec les sorghos cultivés mais isolés géographiquement de ceux-ci. Deux espèces sont tétraploïdes : S. halepense, sorghos sauvages pérennes et rhizomateux présents en Asie du Sud-Est, en Inde, au Moyen-Orient et dans le bassin méditerranéen, et S. almum, d'origine sud-américaine récente.

L'espèce S. bicolor est divisée en trois sous-espèces (de Wet, 1978 ; Harlan et de Wet, 1972) : bicolor (sorghos cultivés), arundinaceum (sorghos sauvages) et drummondi (sorghos adventices issus d'hybridations entre les deux précédents). La sous-espèce arundinaceum présente une forte diversité morphologique et écologique. Elle a été subdivisée en quatre races (figure 2). La race aethiopicum est largement distribuée dans les zones arides qui bordent le Sahara, de la Mauritanie au Soudan. La race arundinaceum se rencontre principalement dans les forêts humides d'Afrique de l'Ouest et jusqu'en Afrique australe. La race verticilliflorum est la plus répandue en Afrique, en particulier dans les régions de savane. La race virgatum, très proche de la précédente, est présente dans les zones arides du nord-est de l'Afrique.

II.1 Les flux géniques

Les sous-espèces de S. bicolor entretiennent des relations géniques étroites. Toutes les races de S. bicolor subsp. arundinaceum sont interfertiles et peuvent se croiser avec les sorghos cultivés. Des hybrides fertiles entre sauvages et cultivés se rencontrent fréquemment dans les zones de contact.

L'étude du polymorphisme enzymatique de sorghos sauvages et cultivés provenant d'Afrique, du Moyen-Orient et d'Asie a permis de préciser les flux géniques existant entre ces différentes formes (Aldrich et al., 1992). Elle confirme qu'il existe bien deux compartiments géniques distincts constitués par les formes sauvages et par les formes cultivées. Elle démontre aussi que des flux géniques entre ces deux formes ont présidé, entre autres, à la différenciation régionale des races cultivées.

Ces flux persistent actuellement dans les zones où des formes cultivées côtoient des sorghos sauvages diploïdes, comme c'est le cas en Afrique, et contribuent à renouveler la variabilité des formes cultivées (Doggett, 1988) et à enrichir leur diversité génétique (Aldrich et al., 1992).

II.2 L'évolution et la domestication

La confrontation des données cytotaxonomiques et des études sur l'organisation génétique des sorghos cultivés et sur les relations géniques qu'ils entretiennent avec les sorghos sauvages permet de proposer un schéma d'évolution et de domestication du genre Sorghum.

A partir d'un ancêtre commun, deux formes de sorghos sauvages (x = 10) se seraient différenciées : la première, annuelle, très proche de S. bicolor subsp. arundinaceum, la seconde, pérenne et rhizomateuse, proche de S. propinquum. Dans leur zone de contact, probablement au Moyen-Orient, une forme tétraploïde serait apparue par hybridation interspécifique : S. halepense. Le même phénomène s'est produit récemment en Amérique du Sud pour donner S. almum (Doggett et Prasada-Rao, 1995).

La domestication se serait ensuite déroulée en trois phases (Ollitrault, 1987 ; Ollitrault et al., 1989). Dans un premier temps, la domestication des sorghos se serait produite en bordure du Sahara dans la région nord-est de l'Afrique, il y a sept millénaires, vraisemblablement à partir des races verticilliflorum et/ou aethiopicum de sorghos S. bicolor subsp. arundinaceum (Harlan et Stemler, 1976 ; Aldrich et al., 1992). Elle aurait donné un sorgho cultivé primitif, de type bicolor, ensuite introduit dans diverses régions d'Afrique et d'Asie. Dans un deuxième temps, les races actuelles auraient été sélectionnées indépendamment en Afrique de l'Ouest, en Afrique du Centre et de l'Est et en Afrique australe au sein des types régionaux africains de bicolor, différenciés par effet de fondation et par introgression avec des sorghos sauvages indigènes. Enfin, ces différentes races auraient été transportées, au gré des migrations humaines et suivant les voies commerciales, dès le troisième millénaire avant notre ère, vers d'autres régions d'Afrique et vers l'Asie.

Le sorgho aurait gagné ensuite l'Europe. Très récemment, il a été introduit en Amérique, où des variétés provenant d'Afrique australe et d'Afrique de l'Est ont été importées au cours du XIXe siècle. A la fin du XIXe siècle, le sorgho était présent sur tous les continents.


http://www.cirad.fr/publications/documents/produitstrop/1998/sorgh981.htm

III. Le marché mondial

III.1. La production mondiale

Avec une production d'environ 65 millions de tonnes par an, le sorgho est la cinquième céréale mondiale (après le blé, le riz, le maïs et l'orge). Mais il arrive en deuxième position, après le maïs, en Afrique, où la production atteint 16 millions de tonnes(http://www.brg.prd.fr/brg/pages/rgvPi_sorgho). C'est une plante bien adaptée aux climats chauds et secs, aussi bien en zone tropicale qu'en zone tempérée. On peut distinguer deux groupes de pays producteurs, selon le mode de gestion de la culture ainsi que les utilisations principales. Un premier groupe, qui applique un système de culture intensif combinant semences hybrides, intrants et parfois la gestion de l'eau, obtient des rendements de l'ordre de 3 à 5 tonnes/ha, et utilise le sorgho essentiellement pour l'alimentation animale. Il s'agit de l'ensemble des pays développés concernés par la culture (Etats-Unis, Australie, Europe méditerranéenne) ainsi que quelques pays en développement (Chine, Argentine, Mexique, Afrique du Sud). Dans la plupart des pays en développement (l'Afrique, l'Inde, l'Amérique Centrale), où le sorgho sert principalement d'alimentation humaine, on pratique encore des modes de gestion extensifs, avec peu d'intrants, à des rendements de l'ordre de 0,6 à 1 tonne/ha. Les deux exceptions partielles dans cette catégorie sont le Soudan où l'on pratique une gestion intensive sur les périmètres irrigués, et l'Inde, où les semences hybrides sont de plus en plus utilisées. Dans les deux cas, les rendements moyens restent assez faibles.

Les principaux pays producteurs sont, sur le continent africain, le Nigeria (4 millions de tonnes) et le Soudan (plus de 3 millions de tonnes). Toujours en zone tropicale, l'Asie produit 18 millions de tonnes de grain, dont 12 millions en Inde. A l'échelle mondiale, les Etats-Unis se situent au premier rang des pays producteurs avec 17 millions de tonnes (FAO, 1995). Les échanges internationaux sont, comme la production, dominés par les Etats-Unis. Ils sont liés à l'industrie des aliments pour le bétail.

Production (source: ICRISAT-FAO, 1996, FAO,1998)
(millions de t) 1979/81 Moyenne 1992/94
Moyenne
1996 1997
Monde 65.50 63.90 70.67 63.76
Etats-Unis 19.16 17.50 20.40 16.70
Mexique 4.99 4.38 4.82 6.28
Argentine 5.64 2.60 2.13 2.50
Afrique 12.44 17.47 20.71 19.37
Nigéria 3.30 6.10

7.08

7.30
Soudan 2.27 3.32 4.18 3.37
Burkina Faso 0.62 1.25 1.27 0.94
Asie 19.69 17.98 18.30 15.13
Inde 11.38 11.23 11.50 9.00
Chine 7.03 5.61 5.75 5.07
Union Europ. 0.59 0.70 0.60 0.69
Australie 1.08 0.98 1.59 1.01

Si, globalement, la production se retrouve au même niveau qu'il y a 20 ans, c'est le résultat d'une redistribution régionale au dépens de l'Inde ainsi que des zones de production à vocation d'alimentation animale (notamment l'Argentine, la Chine, mais aussi les Etats-Unis, qui demeure le plus grand producteur mondial), et au profit de l'Afrique, qui représente maintenant 30% de la production mondiale, contre 20% au début des années 80. La baisse dans le premier groupe serait due à des contraintes au niveau des marchés du sorgho par rapport à d'autres produits (baisse des achats de l'ex-URSS pour l'Argentine, baisse et puis élimination du prix de soutien pour le sorgho aux USA et progression des variétés de maïs plus adaptées aux zones sèches), remplacement par des cultures plus rentables en Inde (haricots, arachide) et en Chine (maïs). L'accroissement de la production africaine a été accompagné d'une expansion encore plus forte des surfaces, et une baisse du rendement moyen qui est passé de 900 à 800-825 kg/ha.

Superficies (source: ICRISAT-FAO, 1996, FAO, 1998)
(millions d'ha) 1979/81
Moyenne
1992/94
Moyenne
1996 1997
Monde 45.1 45.0 48.2 45.3
Etats-Unis 5.3 4.1 4.8 3.8
Amérique Latine 4.4 3.1 3.7 3.6
Afrique 13.8 22.0 24.7 23.5
Asie 20.8 15.1 14.1 13.6
Union Européenne 0.1 0.1 0.1 0.1
Australie 0.6 0.5 0.8 0.6

III.2. La consommation mondiale

III.2.a. Utilisations

http://www.brg.prd.fr/brg/pages/rgvPi_sorgho

Le sorgho est utilisé pour l'alimentation humaine en Afrique, en Asie du Sud et en Amérique centrale. C'est une culture vivrière importante dans les régions semi-arides tropicales, où la production est largement autoconsommée. Le grain est utilisé entier ou sous forme de bouillie (tô en Afrique), de semoule ou de farine, selon ses caractéristiques. Le décorticage et la mouture, le plus souvent artisanaux, font l'objet d'une mécanisation, voire d'une industrie, dans certaines régions. La fabrication de boissons, comme la bière de sorgho, est également un débouché important de cette production (Chantereau et Nicou, 1991). Enfin, certains types de sorgho peu évolués ou très apparentés aux formes sauvages sont exploités comme sorghos fourragers (Sudan grass).

Aux Etats-Unis et dans les pays développés en général, le grain de sorgho est réservé à l'alimentation animale. Il a connu ces dernières années un regain d'intérêt avec la diffusion de variétés dépourvues de tanins, et donc de meilleure valeur alimentaire. Récemment, de nouveaux débouchés industriels sont apparus : fibres de sorgho pour la papeterie et sorghos sucrés pour la production de biocarburants.

Le Sorgho fourrager peut être directement pâturé (2 ou 3 exploitations), coupé comme fourrage vert ou ensilé au stade pâteux. Il est surtout utilisé comme herbe verte en été du fait de sa grande résistance à la chaleur et à la sécheresse.

D'autres Sorgho ont des débouchés divers : Sorgho papetier, Sorgho à balais. Il est à noter que le Sorgho d'Alep (Sorghum halepense) est une mauvaise herbe redoutée.

III.3.b. Statistiques

Cette évolution dans la répartition régionale de la production a basculé de façon significative et l'importance relative des différentes utilisations a été modifiée. Alors que l'alimentation animale dominait largement au début des années 80, avec 55% du total, elle se trouve presque au même niveau que l'alimentation humaine à présent, voire en-dessous, si l'on considère qu'une grande partie des "autres" utilisations sont effectivement les boissons alcoolisées à base de sorgho (surtout de la bière opaque en Afrique). Pour l'alimentation humaine dans le sens plus restreint, le sorgho est consommé sous plusieurs formes - bouillies épaisses et liquides, galettes, beignets - selon des recettes traditionnelles. Parmi les pays où le sorgho constitue un aliment de base important (> 10 kg/tête/an en 1992-94), on note la prédominance de l'Afrique (13 pays sur 16). Même si les citadins consomment moins de sorgho que les ruraux - car ils mangent plus de riz et blé et en général moins de céréales - l'urbanisation rapide des zones de production a mené à une croissance notable des quantités de sorgho commercialisé. Toutefois, en Afrique en tous les cas, il y a eu peu d'adaptation de ces filières à ce phénomène, et le sorgho continue à être vendu aux ménagères en forme de grains non-décortiqués, avec la transformation toujours faite selon les méthodes traditionnelles et non-mécanisées. Les deux exceptions sur le continent africain sont l'Afrique du Sud et le Botswana, où il y a un marché non-négligeable pour différents types de farines, céréales précuites, et même boissons instantanées issus du secteur agro-alimentaire.

Consommation par type d'utilisation (1992-94)
(en %) Utilisation
en Mt
Aliment.
humaine
Aliment.
animale
Autres*
  63.5 42% 48% 10%
Am. Nord 11.5 1% 97% 3%
Am. latine 11.7 3% 91% 5%
Afrique 17.3 74% 8% 18%
Asie 20.9 64% 27% 10%
Europe 1.3 0% 85% 15%
Océanie 0.8 0% 100% 0%
* semences, pertes, boisson, alcoolisées, Util. Indust.

Pays à forte consommation pour l'alimentation humaine
(Source: ICRISAT-FAO, 1996)
en kg/tête/an 1972-74 1982-84 1992-94
Am. Latine      
El Savador 21 16 10
Haïti 26 17 10
Afrique E&S      
Ethiopie 25 20 17
Mozambique 19 13 10
Ouganda 10 9 15
Soudan 90 85 92
Tanzanie

5

25 18
Afrique O&C      
Bénin 16 14 18
Burkina Faso 68 67 108
Cameroun 26 27 29
Mali 38 43 53
Mauritanie 31 23 19
Niger 50 47 40
Nigéria 34 41 39
Tchad 55 36 48
Asie      
Inde 14 14 11

III.3. Les échanges internationaux

Le commerce international du sorgho concerne presque exclusivement le marché d'alimentation animale. La baisse de la part des récoltes destinées à cette utilisation a entraîné une baisse encore plus forte des flux échangés, qui sont passés de 20% de la production au début des années 80, à seulement 10% à l'heure actuelle. Parmi les grands pays producteurs, un seul - le Mexique - est également un importateur net d'envergure. Les Etats-Unis sont de loin l'exportateur principal, avec plus des trois-quarts du marché (une position renforcée depuis les années 80). Le facteur clé pour ce marché est le rapport de prix entre le sorgho et d'autres céréales destinées à cet usage, notamment le maïs. Etant donné sa moindre qualité nutritionnelle par rapport au maïs, notamment pour l'alimentation de volaille, le sorgho doit être vendu à un prix légèrement inférieur, ce qui est généralement le cas.

Quand le sorgho est en déficit dans un pays où il est destiné à l'alimentation humaine, il est le plus souvent remplacé par des importations d'autres céréales (maïs, blé, riz), souvent sous forme d'aide alimentaire.

Importations mondiales (sources: ICRISAT-FAO, 1996 USDA, 1998)
en millions de t 1979/81
Moyenne
1992/94
Moyenne
1996

1997

Monde

11.7

8.5

5.7

6.4

Japon

4.3

3.0

2.6

2.9

Mexique

2.1

4.0

2.1

2.7

Union Europ.

1.0

0.6

0.2

0.3

CEI

1.8

0

-

-


Exportations mondiales (sources: ICRISAT-FAO, 1996 USDA1998)

en millions de t

1979/81
Moyenne

1992/94
Moyenne

1996

1997

Monde

12.3

8.7

6.1

6.8

Etats-Unis

7.3

6.6

5.2

5.3

Argentine

3.5

0.8

0.6

1.2

Australie

0.5

0.2

0.2

0.3

Chine

0

0.4

0.1

0.1

Soudan

0.2

0.3

0

0.1


Prix à l'exportation (source: Banque mondiale)
US $ courants/t. Fob

Sorgho

Maïs

% décote

1970

52

58

11%

1980

129

125

-3%

1985

103

112

8%

1990

104

109

5%

1995

119

124

4%

1996

150

166

10%

1997

110

117

6%

1998 est.

112

116

3%

III.4. Les perspectives du marché mondial

Pour les pays dont la production du sorgho est essentiellement orientée vers l'alimentation humaine, il y a deux enjeux principaux pour l'avenir : comment faciliter l'adoption des techniques permettant d'augmenter les rendements de manière économiquement durable, et comment effectuer une transition plus solide vers la demande marchande? C'est dans l'optique d'associer ces deux dynamiques que l'on parle maintenant en Afrique d'une approche de "pilotage par l'aval"; l'idée étant que les producteurs investiront plus facilement dans des intrants pour la culture du sorgho s'ils ont la possibilité d'en tirer un revenu monétaire. On peut envisager non seulement le développement du marché pour les produits alimentaires, tel qu'il se fait en Afrique du Sud, mais aussi pour l'alimentation animale, dans la mesure ou le marché de viande se développe rapidement dans plusieurs pays producteurs. Les défis à surmonter se situeront au niveau du prix et de la qualité des produits ainsi que de l'organisation des filières d'approvisionnement du sorgho.

Aux Etats-Unis, l'association des producteurs du sorgho considère que le défi maintenant est le développement du marché des utilisations autres que l'alimentation animale. Pour développer le marché d'exportation dans ce sens, ils ont, depuis 3 ans, mis en place un programme de "grain dont l'identité est préservée" où le grain est trié par grade et par variété au moment du stockage collectif, ce qui permet d'approvisionner un utilisateur agro-alimentaire avec un sorgho d'une meilleure qualité que le sorgho tout-venant vendu pour l'alimentation animale. Sur le marché interne, ils envisagent une stratégie de marketing qui reveterait l'image du sorgho pour l'agro-alimentaire, éventuellement en lui donnant un nouveau nom afin d'éviter les associations avec la filière animale. C'est une stratégie de marketing qui a été employé avec succès pour l'huile de colza il y a quelques années.

STATISTIQUES MONDIALES SORGHO

Stocks mondiaux (source: USDA 1998)

en millions de t

1993/95
Moyenne

1996

1997

Monde

3.6

4.5

3.9

Etats-Unis

1.2

1.2

1.0

Chine

0.3

0.3

0.3

Mexique

0.5

1.2

0.9

en % production

6.4%

6.5%

6.2%


http://www.francophonie.org/syfia/110_20.html

Le sorgho cherche à gagner du terrain

(SYFIA-Mali) Préparer du pain, des biscuits, des gâteaux, du riz ou de la bière avec du sorgho ? C'est désormais possible grâce à une nouvelle variété, mise au point au Mali. Un sorgho "blanc" qui pourrait se substituer en partie au riz et au blé importés.

N'ténimissa, la nouvelle variété de sorgho blanc est née de l'heureuse union entre une variété locale du Mali Bimbiri sumalen et une variété éthiopienne Zera zera. Qu'a donc cette nouvelle née de plus que les autres ? Elle donne de la farine blanche, nettement préférée au Mali à la farine brune. "Le sorgho est la deuxième céréale après le mil au Mali, affirme Sidi Békaye Coulibaly, chef du programme sorgho. En bouillie, couscous ou tô, il est à la base de l'alimentation. Mais les agriculteurs ne peuvent le vendre à cause de la couche brune du grain des variétés traditionnelles qui détériore la qualité de la farine." N'ténimissa n'a pas ce défaut et fait sa percée sur le marché agro-industriel malien.

"De nombreuses ménagères ont acheté au supermarché le sorgho N'ténimissa sous forme de semoule et de farine, indique Aïssata Bengaly Berthé, nutritionniste au Laboratoire de technologie alimentaire. Les semoules fine et moyenne et la grosse brisure de sorgho étuvé ont été très appréciées des ménagères au moment des fêtes, surtout dans les régions où peu de riz est produit comme dans les arrondissements de Sikasso, de Koutiala ou de San."

Les analyses du Laboratoire de technologie alimentaire sur la qualité culinaire, les caractéristiques physico-chimiques, la teneur en vitamines et en sels minéraux de cette nouvelle variété sont concluantes. Le sorgho peut avantageusement se substituer au riz dans de nombreuses recettes. Des tests de fabrication de biscuits industriels contenant 5 %, 10 % et 15 % de sorgho donnent des produits d'excellente qualité. Des recherches sont en cours pour incorporer une quantité plus grande de N'ténimissa.

Les clients ne boudent pas le pain fabriqué avec de la farine mélangée, ni les croissants pourvu que la pâte lève. Par ailleurs, le sorgho permet d'arrêter le processus de fermentation du dolo, la bière de mil : il peut alors se garder au moins trois mois au lieu de quelques jours. Enfin, l'incorporation de sorgho germé dans les farines de sevrage à base de mil et de niébé permet d'en améliorer la valeur calorique.

Le sorgho N'ténimissa a un cycle de 130 jours environ pour un rendement de 2 t/ha en station. "En milieu paysan, précise Sidi Békaye Coulibaly, cette variété donne jusqu'à 900 kg/ha. Un paysan a même récolté 2,5 t/ha à Yirimadio dans la banlieue de Bamako." Une aubaine pour un pays qui a dépensé environ 8 milliards de F cfa pour importer 27 000 t de farine de blé et qui maintient le prix de la baguette de pain à coups de subventions.

Ahmadou Sankaré


IV. La recherche Sorgho

http://www.ragt-semences.com/sorgho/sorgho.htm

IV.1. Les acteurs

http://www.brg.prd.fr/brg/pages/rgvPi_sorgho

Les Etats-Unis ont été les pionniers de l'amélioration génétique des sorghos tempérés. Celle-ci y a démarré au début du siècle. Elle se poursuit actuellement au sein d'organismes publics et de sociétés privées ; c'est également le cas en France, où la sélection continue d'être menée par plusieurs firmes privées.

Pour l'amélioration des sorghos tropicaux, deux organismes publics français jouent un rôle déterminant, en particulier dans la conservation et l'exploitation des ressources génétiques de l'espèce : l'ORSTOM et le CIRAD. Ce dernier a largement contribué à l'analyse de la variabilité génétique du sorgho et au marquage moléculaire de son génome. A l'échelle internationale, l'ICRISAT (International Crops Research Institute for the Semi-Arid Tropics) conduit d'importants programmes d'amélioration des sorghos pour les zones semi-arides. Il a mis au point, entre autres, des méthodes performantes de sélection récurrente et gère la collection mondiale de sorghos, riche de plus de 35 000 accessions. A l'échelle nationale, on peut citer les programmes de sélection de variétés fixées et d'hybrides menés en Inde.

IV.2. Les méthodes de la sélection RAGT Semences en Sorgho

IV.2.a. Richesse de la banque de gènes

En sélection du sorgho comme en maïs, la clé de la réussite tient à la qualité du réservoir génétique et à la capacité à brasser un très grand nombre de gènes pour en tirer les meilleures combinaisons possibles.

Bien entendu, à l'instar du maïs et du tournesol, l'utilisation des pépinières d'hiver, est systématisée pour accélérer le progrès génétique.

IV.2.b. Haute technologie

Phytopathologie, technologie, biométrie, biotechnologies sont autant de disciplines de pointe mises par la recherche RAGT à la disposition de ses sélectionneurs.

L'intégration physique de ces laboratoires au sein des stations de sélection permet chez RAGT d'optimiser l'efficacité de la recherche. RAGT a ouvert son propre centre de biotechnologies en 1988.

IV.2.c. Long terme et sévérité de la sélection

L'hybride de sorgho en création aujourd'hui sera semé chez l'agriculteur dans dix ou douze ans :

2000 Matériel de départ
(population, ...)
Descendance conservée
(hybrides expérimentaux)
  I
V
 
2000 à 2006 Pépinière de création 2000
  I
V
I
V
  300
  I
V
2006 Lignée fixée 90
  I
V
I
V
Fabrication d'hybrides
I
V
2006 à 2008 Evaluation agronomique
(réseau RAGT)
20
  I
V
I
V
2009 à 2010 Inscription
(réseau officiel CTPS)
2
  I
V
I
V
2010 Hybride commercial 1

Ce processus long peut être accéléré dans certains cas par l'utilisation de techniques courantes issues des biotechnologies comme la culture d'embryons immatures permettant de réaliser jusqu'à quatre générations par an.

IV.3. Les objectifs de la sélection RAGT Semences en Sorgho

IV.3.a. Sorgho grain

La majeure partie de l'effort est consacrée au sorgho grain.

L'objectif principal est bien sûr le rendement.

Mais de nombreux autres critères sont sélectionnés :

Par ailleurs la valeur alimentaire fait l'objet de recherches particulières, notamment pour l'absence de tanin

IV.3.b. Sorgho fourrager

Fort de son expérience en maïs ensilage et en fourragères, RAGT développe aussi une sélection suivie en sorgho fourrager.

Les axes de recherche concernent :

La sélection du sorgho a pour objectif de proposer à l'agriculteur une gamme de variétés répondant à ses besoins alliant bonnes performances et surtout régularité de performances d'un lieu à l'autre, d'une année sur l'autre.


Intervention

Les lots apportés à l'intervention doivent répondre à des normes minimales de qualité. Les prix payés par les organismes stockeurs (coopératives, négociants) tiennent compte de ces mêmes normes. Ces normes figurent dans le tableau ci-dessous.

source : AGPB http://www.agpb.com/reglementations/interventions_02.html

Normes

  Maïs/Sorgho
A. Humidité maximale 14,5%
B. Pourcentage maxi d'éléments qui ne sont pas des céréales de qualité irréprochable dont au maximum 12%
1) Grains brisés 10%
2) Impuretés dues à des grains dégradés (autres qu'au point 3) dont : 5%
-grains échaudés par séchage 3%
3) Grains germés 6%
C. Teneur maximale en
   tanin du sorgho (% calculé sur matière sèche)
1

 

Les structures de la profession semencière en Maïs et Sorgho

Source : GNIS http://www.gnis.fr/2_3_2.htm

Les établissements obtenteurs en 1999 : 29
Les établissements-producteurs en 1998/99 : 30
Les agriculteurs-multiplicateurs en 1998 : 4550
Les établissements-distributeurs en 1998/99 : 6270


http://www.horizonsnouveaux.com/esprits/galerie/yemen18.htm
Champs de sorgho et de qat, Djebel Haraz
Champs de sorgho et de qat, Djebel Haraz

 

ravageurs : mouche du sorgho
http://www.inra.fr/Internet/Produits/HYPPZ/CULTURES/3c---096.htm
http://netia59.ac-lille.fr/cybermomes/CEREALE/sorghopl.html



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